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Ecoutez le podcast d'Azmari! Khadidiatou: "Ce sont mes enfants qui me donnent la force"

Nous avons le plaisir de vous partager le 2ème épisode du podcast d'Azmari, qui vise à donner la parole aux femmes migrantes pour partager et mettre en lumière leurs expériences. Partagez- le autour de vous 🙂 !!

 

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Ecoutez le podcast d'Azmari ! Bushra, de l'exil de Somalie à la vie de famille à Paris

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Écoutez le podcast d'Azmari !

Nous avons le plaisir de vous partager le 1er épisode du podcast d'Azmari, qui vise à donner la parole aux femmes migrantes pour partager et mettre en lumière leurs expériences. Partagez- le autour de vous 🙂 !!

Merci à Ella et à Hayat pour cet échange au caractère informel et intimiste.

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CONFINEMENT, UN AUTRE REGARD : TEMOIGNAGE D'UNE APPRENANTE

Pendant deux mois nous étions tous - ou presque - enfermés chez nous et les récits de confinements sont devenus un moyen de s'ouvrir aux autres.  Si cette situation - qui prend fin aujourd'hui - a été inédite pour tous, nous n’étions pas égaux face au confinement. Chez Azmari nous pensons que les récits publiés doivent tenir compte de cette diversité et disons-le : de ces inégalités. Nous avons laissé la parole à une femme apprenante de l'association. Elle raconte comment elle a vécu cette période :
  • Où es-tu en ce moment ? avec qui es-tu confinée ?
J'habite dans un appartement d’une pièce ici, à Paris. Depuis l’arrivée du bébé on est cinq, j’espère qu’on aura un autre appartement bientôt. On est un peu les uns sur les autres. On fait tout dans la même pièce : on dort, on cuisine, du coup c’est humide et on a des problèmes pour respirer. Parfois le plus petit saigne du nez et ça m'arrive à moi aussi.
  • La vie à Paris c’est plus difficile ?
Ça fait deux ans et demi qu’on est en France et deux ans et quatre mois qu’on vit à Paris. Il y a des points négatifs et positifs. Pour les enfants c’est mieux d’être en dehors de Paris, il y a plus d'espace, plus de nature.
Mais Paris c’est la capitale. Quand on attend une réponse [de l’administration] ou quand on a un rendez-vous, tout se passe ici. Pour les gens qui ne vivent pas à Paris c’est plus compliqué. Ils peuvent faire plusieurs heures de train pour venir à un rendez-vous, parfois ils doivent se débrouiller pour dormir sur place. Nous on a accès à tout, pour cela c’est un vrai plus d’habiter à Paris.
  • Avant le confinement comment se passaient tes journées ?
Avant, les enfants allaient à l’école et j’étais à la maison avec le bébé. C’était plus calme, no stress vraiment. Depuis le confinement les garçons sont tout le temps à la maison, c’est plus de travail pour moi.
  • Qu'est-ce qui a changé depuis ?
Je m’occupe des enfants toute la journée, je prends soin d’eux. Le matin, je me lève à six heures et je prépare leur petit-déjeuner. Après, c’est à mon tour de manger. Puis ils jouent un peu. À onze heures je commence à cuisiner pour le déjeuner. Une fois qu’ils ont mangé, on a dix minutes de calme et puis ils regardent un peu la télé. Certains jours il y à la lessive ou le ménage. La routine quoi.
Vers vingt heures, quand ils vont au lit, ça devient plus relax et il arrive que je m’endorme moi aussi à ce moment-là.
  • Et tu as un peu de temps pour toi ?
 J’aime bien marcher et d’habitude je peux me promener ou aller aux cours de français. En ce moment, à force d’être à la maison sans pouvoir sortir, parfois ça me rend plus irritable. Quand ça arrive, je me dis “ok tu as les enfants, mets ce stress de côté”. C’est important de rester calme avec les enfants. Stresser tout le temps, ce n’est pas bon pour ma santé, ni pour celle des petits. Alors j’oublie toutes les choses négatives et je me force à ne garder que les points positifs. Prendre soin d’eux c’est le plus important.
Mon mari est là et il m’aide mais il est plus stressé que moi. Il n'arrive pas à rester une heure avec les enfants. Les papas c’est cool pour faire une promenade, pour aller les chercher à l’école. Mais entre les mères et les pères ce n’est pas les mêmes règles pour les petits.
Un jour par exemple, ils ont commencé à faire un jeu avec leur père mais au bout de 30 minutes, ils se disputaient : “PAPA TU DOIS FAIRE CA, NON TU DOIS PAS FAIRE CA”. Avec moi, ça ne se passe pas comme ça : les règles, c’est les miennes. Je suis plus forte, ils m’écoutent et c’est plus calme quand c’est moi qui m’en occupe.
  • Il y a des points positifs au confinement ?
 Pour moi, aucun. Il n’y a rien de positif. Je ne travaillais pas avant, peut-être que pour les gens qui travaillaient dehors c’est positif de rester à la maison ?
Moi j'étais déjà à la maison et j’y suis encore maintenant mais avec les enfants en permanence. Toute cette situation c’est que du négatif. En plus à cinq dans une pièce, on finit par se taper sur les nerfs.
  • Qu'est ce qui te manque le plus ?
 Mes amies me manquent. Surtout mes amies d’Azmari, j’allais à l’association une à deux fois par semaine pour les cours de français. Maintenant ce n’est plus possible.
Et le marché d’Aligre est fermé. Les fruits et légumes c’est important pour nous, au marché ils sont moins chers. J’avais l’habitude d’y aller pour faire les courses, maintenant on doit aller ailleurs. Le marché, ça me manque vraiment.
Et puis, on attend toujours la réponse de la CNDA [Cour nationale du droit d'asile]… on devait recevoir une lettre le 27 mars mais à cause du Coronavirus, on n’a aucune nouvelle. J’espère vraiment qu’on aura la réponse bientôt. Ça m’inquiète beaucoup.
Cette interview a été réalisée il y deux semaines, lors d'une distribution de courses par l'une des bénévoles d'Azmari qui habite près de l'apprenante interviewée.
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